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Lycéens reçus à Matignon : après un mois de colère, l'heure des engagements chiffrés

Sébastien Lecornu reçoit ce lundi les organisations lycéennes et étudiantes, avant des annonces sur les remplacements, les bâtiments et Parcoursup. Après plus d'un mois de mobilisation, la jeunesse attend moins des promesses que des moyens inscrits dans le budget 2027.

Par La Rédaction LSRPublié le 25 octobre 2026 à 23:28· 4 min de lecture
L'hôtel de Matignon, résidence du Premier ministre, rue de Varenne à Paris (2017).
L'hôtel de Matignon, résidence du Premier ministre, rue de Varenne à Paris (2017). — Crédit : Photo : ScareCriterion12, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Les faits

Le rendez-vous était réclamé depuis des semaines. Matignon a annoncé dimanche que Sébastien Lecornu recevrait ce lundi 26 octobre les organisations lycéennes et étudiantes, en présence des ministres de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, et de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, rapporte Europe 1. Les deux ministres doivent ensuite détailler les annonces lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi.

Le mouvement dure maintenant depuis plus d'un mois. Né mi-septembre à Créteil, selon l'AFP, il porte sur des sujets très concrets : bâtiments vétustes, classes et emplois du temps surchargés, professeurs absents non remplacés, inégalités liées à Parcoursup. Le 6 octobre, il avait réuni environ 256 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, 450 000 selon les organisations, et 891 lycées sur 3 700 avaient vu leurs cours suspendus en tout ou partie, d'après la même dépêche AFP.

Le lendemain, dans une allocution, le Premier ministre avait ouvert cinq chantiers : remplacements, conditions matérielles, temps scolaire, transparence de Parcoursup et nouveau cadre d'expression pour les lycéens. Il promettait des premières décisions à la fin du mois d'octobre, sans chiffrer les moyens, relevait alors Économie Matin. Nous y sommes.

Selon des sources gouvernementales citées par Europe 1, les annonces porteraient sur les remplacements, le bâti, les volumes horaires, les effectifs par classe et Parcoursup. Elles seraient traduites en amendements au projet de budget 2027 et nourries par une consultation en ligne ouverte du 5 au 23 octobre, qui a recueilli plus de 100 000 contributions. Le calendrier s'y prête : l'Assemblée nationale reprend l'examen de la première partie du budget le 27 octobre, avant un vote solennel prévu le 3 novembre.

Les positions en présence

Le gouvernement défend un bilan et une méthode. Devant la commission de la culture du Sénat, le 14 octobre, Édouard Geffray a indiqué que la part des heures de cours non remplacées était passée de 8,5 % à 5,9 % et qu'environ 3 000 remplaçants en équivalent temps plein étaient en cours d'affectation, rapporte Public Sénat. Il a refusé de faire de Parcoursup le seul coupable :

Ce n'est pas Parcoursup qui sélectionne — Édouard Geffray

Pour le ministre, ce sont les formations qui choisissent, et la plateforme est devenue une sorte de totem politique. Il a aussi rappelé, lors des questions au gouvernement, que les quotas réservés ont permis à 150 000 boursiers d'obtenir une place depuis la création de l'outil. Cet argument est sérieux : supprimer une interface ne crée pas une seule place supplémentaire en licence ou en BTS.

Au Sénat, les critiques ont traversé les bancs. La sénatrice Les Républicains Catherine Belrhiti a demandé plus de transparence sur Parcoursup et une égalité d'accès quels que soient le milieu social et le territoire. Le communiste Pierre Ouzoulias a dénoncé des lycéens poussés vers l'enseignement privé faute de choix réel. L'écologiste Guillaume Gontard a demandé qui traiterait les contributions et comment elles deviendraient des mesures, selon Public Sénat.

Du côté des jeunes, l'attente est prudente. Louis Létoublon, du mouvement Les Lycéens!, a déclaré à Europe 1 espérer que le Premier ministre saura satisfaire leurs demandes, tout en appelant à poursuivre la mobilisation. L'Union étudiante reproche au gouvernement de séparer lycéens et étudiants, alors que les mesures concernent selon elle toute la jeunesse. À gauche, Jean-Luc Mélenchon, dans un entretien accordé à Mediapart, place l'abrogation de Parcoursup en tête des revendications et réclame un plan de 10 milliards d'euros pour les conditions d'étude.

L'analyse

Ce mouvement n'est pas d'abord idéologique. Il dit qu'un service public essentiel ne tient plus ses promesses de base : un professeur devant chaque classe, un bâtiment digne, une orientation lisible. C'est une exigence d'égalité des chances, qui devrait parler à tous ceux pour qui l'école est le premier pilier de la République.

Le gouvernement a raison sur un point : la réponse ne peut pas être un slogan. Abroger Parcoursup sans ouvrir de places reviendrait à remplacer un algorithme par des files d'attente ou par le tirage au sort. Mais il aurait tort de croire qu'une consultation en ligne et quelques ajustements techniques suffiront. La hausse de 1,2 milliard d'euros du budget de l'Éducation annoncée en octobre, pour un total de 64 milliards, ne garantit pas une hausse réelle une fois l'inflation déduite, notait Économie Matin.

Le vrai test sera donc budgétaire. Si les annonces de lundi se traduisent par des amendements chiffrés, fléchés vers les lycées les plus en difficulté et votés avant le 3 novembre, la méthode aura fait ses preuves. Si elles restent des intentions, la défiance d'une génération entière risque de s'installer durablement, au moment même où le pays traverse une crise sociale plus large.

Conclusion

L'État a le devoir de rétablir le calme dans les établissements. Il a aussi celui de prouver que la parole des élèves compte. Une proposition simple pourrait réconcilier les deux : publier, établissement par établissement, un état des remplacements et des travaux engagés, avec un point d'étape public au printemps. La transparence que l'on demande à Parcoursup, pourquoi ne pas se l'appliquer à soi-même ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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L'auteur

La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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