Parcoursup, suite : Matignon annonce son remplacement en 2028, reste à financer les places promises
Après plus d'un mois de mobilisation lycéenne, le gouvernement de Sébastien Lecornu a annoncé lundi une réforme de Parcoursup dès 2027 et son remplacement en 2028, assortis de 15 000 places nouvelles dans le supérieur. Les organisations de jeunesse saluent un premier pas mais maintiennent leurs journées de mobilisation.

Ce qui a été annoncé lundi
Le gouvernement a fini par répondre à la colère lycéenne. Lundi 26 octobre, à Matignon, le Premier ministre Sébastien Lecornu, entouré du ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, et du ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a présenté un ensemble de mesures après plus d'un mois de mobilisation née le 17 septembre dans un lycée francilien, comme le rappelle l'AFP.
La mesure phare concerne Parcoursup. Selon LCP, la plateforme sera réformée pour la session 2027 puis remplacée en 2028. D'après L'Express Éducation, la campagne 2027 verra la lettre de motivation devenir l'exception, chaque refus devra être expliqué, les critères de sélection seront publiés plus en détail et une commission de transparence associant des lycéens sera créée dans chaque académie. Le futur dispositif doit être défini par un comité réunissant lycéens et enseignants, et un projet de loi présenté cet hiver. Le ministre Philippe Baptiste aurait lui-même reconnu que son adoption avant la fin du quinquennat reste incertaine.
Le reste du paquet est substantiel. Toujours selon L'Express Éducation, le gouvernement promet jusqu'à 15 000 places supplémentaires dans le supérieur à la rentrée 2027 (10 000 en BTS, 4 000 en IUT, 1 000 en santé), des classes de seconde limitées à 28 élèves dans la moitié des lycées publics accueillant les élèves les moins favorisés dès 2027, puis partout en 2028, 500 postes inscrits au budget 2027, 1 milliard d'euros pour les universités et 4 milliards de prêts à taux réduit via la Caisse des dépôts pour rénover lycées et collèges. Les bourses sur critères sociaux seraient indexées sur l'inflation à partir de 2027. Plusieurs de ces mesures passeront par des amendements au budget en discussion.
Enfin, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a annoncé un débat sur l'orientation des lycéens mercredi à 17 heures à l'Assemblée nationale. Comme le précise LCP, il se tiendra au titre de l'article 50-1 de la Constitution, ce qui signifie qu'il peut ne donner lieu à aucun vote.
Des réactions partagées
Le président de la République, depuis Marseille, a jugé les revendications lycéennes « légitimes », rapporte LCP. Reçues à Matignon, les organisations lycéennes et étudiantes saluent une première avancée sans suspendre le mouvement.
Tout n'est pas encore satisfait et nous irons au bout — Louis Letoublon, Les Lycéens !
Deux nouvelles journées de mobilisation restent prévues le 31 octobre et le 5 novembre, cette dernière à l'appel des syndicats de salariés. L'Union syndicale lycéenne réclamait une suppression immédiate de Parcoursup, quand le gouvernement a choisi un remplacement progressif. Les syndicats lycéens et étudiants ont aussi dénoncé, selon LCP, le « mépris » consistant à recevoir des influenceurs avant eux. D'après l'AFP, ce sont d'ailleurs des influenceuses spécialisées dans l'éducation qui ont dévoilé les premières mesures. Côté enseignants, la secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, estime qu'il faudra mettre des « milliards » sur la table.
Les présidents d'université, réunis dans France Universités, avaient mis en garde dimanche contre une disparition précipitée de la plateforme sans solution de rechange. Selon l'AFP, ils invitaient à distinguer l'outil de la baisse des moyens, qu'ils jugent responsable des tensions à l'entrée du supérieur.
Dans la campagne présidentielle, les positions divergent, comme le résume LCP : Jean-Luc Mélenchon veut supprimer Parcoursup, Raphaël Glucksmann le remplacer après concertation, Bruno Retailleau propose une nouvelle plateforme fondée sur le mérite, Marine Le Pen demande plus de transparence, Édouard Philippe, sous le gouvernement duquel l'outil a été créé en 2018, en reconnaît les dysfonctionnements, et Gabriel Attal plaide pour un meilleur accompagnement des candidats.
Un vrai geste, une question de moyens entière
Il faut le reconnaître : le gouvernement a écouté. Classes moins chargées dans les lycées les plus modestes, bourses protégées de l'inflation, refus motivés, transparence des critères : ces mesures répondent à des demandes de justice sociale et d'égalité des chances que la jeunesse porte depuis des années. Les partisans d'une sélection plus assumée objecteront qu'on cède à la rue et qu'un outil imparfait vaut mieux qu'un saut dans l'inconnu. L'argument mérite d'être entendu, et France Universités le formule avec sérieux.
Mais les présidents d'université disent aussi l'essentiel : le problème n'a jamais été seulement l'algorithme. Une plateforme, quelle qu'elle soit, répartit des places ; elle n'en crée pas. Or 15 000 places, financées par un amendement à un budget dont l'adoption reste incertaine, pèsent peu face aux besoins avancés par les organisations étudiantes, qui réclament 250 000 places, selon l'AFP. Le chiffrage de ces dernières est discutable, mais l'écart dit l'ampleur du chantier.
Reste la méthode. Annoncer un remplacement en 2028 tout en admettant que la loi pourrait ne pas aboutir avant la fin du quinquennat, c'est léguer la question au prochain président. Et organiser un débat sans vote, c'est priver la représentation nationale de la possibilité de s'engager. Une République qui prend sa jeunesse au sérieux lui doit davantage qu'une consultation.
Engager le Parlement, pas seulement l'informer
Le débat de mercredi peut être plus qu'un exercice d'écoute. Le gouvernement pourrait inscrire dans une loi de programmation, votée avant la présidentielle, une trajectoire pluriannuelle de places et de postes dans le supérieur, avec un rendez-vous annuel devant le Parlement. Ce serait la meilleure garantie que la promesse faite aux lycéens survive aux échéances électorales. La question est posée aux groupes de l'Assemblée : accepteront-ils de transformer un débat sans vote en engagement chiffré ?
Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
L'auteur
La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.
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