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Vie chère, suite : la rue s'apaise, Lyon reste sous couvre-feu, la réponse politique se fait attendre

Le ministère de l'Intérieur publie un bilan de l'acte II nettement moins violent que celui du 17 octobre, tandis que la préfecture du Rhône reconduit le couvre-feu sur la Presqu'île de Lyon. À dix jours de la grève du 5 novembre, les syndicats attendent toujours des mesures concrètes sur les salaires.

Par La Rédaction LSRPublié le 25 octobre 2026 à 19:28· 4 min de lecture

Les faits

Le bilan officiel est tombé dimanche. Selon le communiqué du ministère de l'Intérieur, la journée du samedi 24 octobre a réuni 410 000 personnes lors de 289 actions sur la voie publique, dont 110 000 à Paris, contre 550 000 la semaine précédente. Ces chiffres provisoires racontent surtout une désescalade : 1 314 interpellations contre 2 628 le 17 octobre, 53 policiers et gendarmes blessés contre 1 144, et 24 commerces pillés alors que 1 522 avaient été touchés une semaine plus tôt.

La place Beauvau nuance toutefois ce tableau. Elle indique que des groupes « d'extrême gauche radicale et d'ultra-gauche » se sont formés en tête ou en marge de la plupart des cortèges dans les grandes et moyennes villes, avec un niveau de violence comparable à celui du 17 octobre, mais des tentatives généralement entravées par l'intervention systématique des forces de l'ordre. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes.

À Lyon, l'apaisement reste fragile. D'après Lyon Capitale, le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a reconduit pour ce dimanche soir une interdiction des attroupements de 16 heures à 23 heures, suivie d'un couvre-feu jusqu'à 6 heures lundi, sur une partie de la Presqu'île autour de la place Bellecour. Le 17 octobre, des commerces y avaient été pillés et l'office de tourisme incendié. Samedi, environ 10 000 personnes ont encore défilé malgré l'interdiction préfectorale, avant des affrontements en fin de journée, selon le même média.

La suite est déjà fixée. L'intersyndicale appelle à une journée de grève et de manifestations le 5 novembre, et la CGT invite les salariés à décider en assemblée générale de généraliser la grève ce jour-là.

Les positions en présence

Le gouvernement défend une ligne de fermeté. Dès le soir du 17 octobre, Sébastien Lecornu avait attribué les violences à des groupes d'ultragauche, rejoints par des pilleurs, et confirmé la poursuite du texte dit « casseurs-payeurs », comme le rapportait LCP.

Personne n'imposera son agenda politique par la violence. — Sébastien Lecornu

Cet argument mérite d'être pris au sérieux. Le bilan du 24 octobre montre qu'un maintien de l'ordre mieux préparé a protégé à la fois les manifestants pacifiques, les commerçants et les forces de l'ordre. Un État qui laisse piller ses centres-villes perd la confiance de ceux qui manifestent comme de ceux qui n'y participent pas.

Les syndicats, eux, jugent que la réponse sociale manque. Reçus à Matignon le 21 octobre, ils en sont ressortis déçus, selon Public Sénat : Sophie Binet, pour la CGT, a déploré l'absence de mesure concrète, Marylise Léon, pour la CFDT, a réclamé des réponses sur les salaires et la rémunération des fonctionnaires avant le 5 novembre, tandis que la CFTC relevait une porte entrouverte sur le Smic. La CGT demande notamment une hausse de 10 % du salaire minimum et l'indexation des salaires sur les prix.

À gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a durci le ton dans un entretien accordé à Mediapart, publié dimanche et reproduit sur son site. Il y rejette la guérilla urbaine et plaide pour la non-violence, « pour être plus efficaces », mais dénonce une répression qu'il juge disproportionnée. Pour lui, le pouvoir n'aurait plus le choix qu'entre accepter les revendications ou partir. Il évoque une motion de censure si le budget ne les intègre pas, et défend le blocage des prix, l'abrogation de Parcoursup et une VIe République.

L'analyse

Il faut d'abord saluer la baisse de la violence. Elle doit beaucoup au travail des forces de l'ordre, mais aussi à l'immense majorité des manifestants qui ont défilé dans le calme, et l'appel à la non-violence lancé par le leader insoumis va dans le bon sens.

Pour autant, l'ordre public ne règle pas la question sociale. Une baisse de la participation n'est pas une baisse du mécontentement : 410 000 personnes dans la rue un deuxième samedi consécutif, c'est un signal que l'exécutif ne peut pas traiter comme un simple problème de maintien de l'ordre. Le couvre-feu lyonnais, reconduit soir après soir, illustre cette impasse. Une mesure d'exception se justifie quand le danger est avéré ; elle ne peut devenir le mode ordinaire de gestion d'une colère dont les causes, salaires, prix, avenir des jeunes, sont connues.

La tradition gaulliste et chiraquienne a toujours lié l'autorité de l'État à sa capacité d'écoute. Un État fort tient la rue et ouvre la table des négociations dans le même mouvement. À l'inverse, l'ultimatum « accepter ou partir » n'est pas une méthode démocratique : dans une République parlementaire, la sortie de crise passe par le compromis, pas par la rue contre les institutions.

Le gouvernement dispose encore de dix jours. Les pistes évoquées par les syndicats eux-mêmes, Smic, traitement des fonctionnaires, place des organisations de jeunesse dans la concertation, offrent une base de discussion réaliste, qui n'exige pas de renoncer au sérieux budgétaire.

Conclusion

Plutôt que d'attendre le 5 novembre, l'exécutif gagnerait à convoquer sans délai une conférence sur les salaires, avec un calendrier et des engagements chiffrés, en y associant les organisations lycéennes et étudiantes. Et à lever le couvre-feu lyonnais dès que la situation le permet. La question est simple : le pouvoir veut-il seulement éteindre l'incendie, ou en traiter les causes ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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L'auteur

La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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