Droite : Retailleau et Lisnard promettent un seul candidat, reste à savoir pour quel projet
Réunis par Robert Ménard, le président des Républicains et le maire de Cannes se seraient engagés à ne pas se présenter tous les deux en 2027. Mais entre primaire, charte de ralliement et sondages modestes, la droite républicaine n'a pas encore tranché l'essentiel : ce qu'elle veut proposer aux Français.

Les faits
Le déjeuner a eu lieu le mercredi 21 octobre à Paris, à l'initiative du maire de Béziers, Robert Ménard. Pendant environ une heure et demie, selon le JDD, Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat désigné par son parti, et David Lisnard, maire de Cannes et fondateur de Nouvelle Énergie, ont parlé d'une candidature commune pour la présidentielle. Le lendemain, Geoffroy Didier, porte-parole de Bruno Retailleau, a confirmé que cette piste avait été abordée, comme le rapporte Entrevue.
Dans le JDD du dimanche 25 octobre, Robert Ménard va plus loin : d'après lui, les deux hommes auraient promis de ne pas être tous les deux sur la ligne de départ.
Ils ont pris l'engagement qu'ils ne se présenteraient pas tous les deux — Robert Ménard, dans le JDD
Cet engagement n'a pas, à ce stade, été formalisé publiquement par les intéressés. L'hebdomadaire évoque la désignation d'un candidat unique d'ici avril.
Les sondages expliquent cette urgence. Dans l'enquête OpinionWay pour CNews, Europe 1 et le JDD, réalisée les 21 et 22 octobre auprès de 973 inscrits, Marine Le Pen atteint 36 % des intentions de vote au premier tour, devant Jean-Luc Mélenchon (16 %), Raphaël Glucksmann (13 %) et Édouard Philippe (12 %). David Lisnard et Bruno Retailleau sont chacun à 6 %. Le baromètre Ipsos-BVA publié par Le Parisien le 24 octobre, cité par France Mag, place le maire de Cannes à 6,5 % et le président de LR à 5,5 % dans l'une de ses hypothèses. Même additionnés, leurs scores restent loin d'une qualification au second tour.
Les positions en présence
Sur la méthode, les deux camps ne disent pas la même chose. David Lisnard défend depuis des mois l'idée d'une primaire, qui donnerait selon lui une légitimité démocratique au vainqueur. Bruno Retailleau ne l'écarte plus : dès la fin août, il affirmait sur France 2, selon LCP, n'avoir « peur d'aucune compétition », tout en doutant qu'une primaire voie le jour. D'après le JDD, il jugerait l'exercice vidé de son sens si Édouard Philippe refusait d'y participer, et réclamerait une charte obligeant les perdants à soutenir le gagnant, quand David Lisnard souhaiterait garder sa liberté.
Leurs partisans font valoir que les deux hommes partagent l'essentiel : réduction de la dépense publique, fermeté sur la sécurité et l'immigration. Le JDD nuance ce tableau : Bruno Retailleau serait plus conservateur, David Lisnard plus libéral. L'entourage du président de LR, toujours selon l'hebdomadaire, tient la percée du maire de Cannes dans les sondages pour passagère.
Une troisième voix s'est invitée dans la discussion. Éric Ciotti, président de l'UDR et allié du Rassemblement national, a jugé sur Europe 1 et CNews que ces deux candidatures relevaient du simple témoignage, et il a invité leurs auteurs à rejoindre Marine Le Pen, selon des propos rapportés par 21news. D'après Entrevue, les deux hommes revendiquent au contraire leur indépendance politique.
L'analyse
Il faut reconnaître un mérite à cette démarche : elle part d'un constat lucide. Deux candidats à 6 % chacun ne pèsent guère face à une extrême droite qui dépasse le tiers des intentions de vote. La dispersion a déjà coûté cher à la droite républicaine, dont la candidate n'avait pas atteint 5 % en 2022. Chercher l'entente plutôt que la concurrence est une marque de responsabilité, et il serait injuste de la balayer d'un revers de main.
Mais l'union n'est pas un projet. Le débat porte aujourd'hui presque entièrement sur la procédure : primaire ou non, périmètre, charte, calendrier. Sur le fond, ce qui rapproche les deux hommes, la baisse de la dépense publique, est aussi ce qui interroge le plus. Le pays sort d'un mois de colère contre la vie chère, les lycéens réclament des professeurs et des places à l'université, les services publics sont à bout de souffle dans bien des territoires. Une droite qui ne parlerait que de coupes budgétaires laisserait sans réponse une grande partie des Français. La tradition gaulliste n'a jamais opposé la rigueur des comptes et la cohésion sociale : la Sécurité sociale, la planification, la participation ont aussi été des politiques de la droite de gouvernement.
L'appel d'Éric Ciotti a au moins le mérite de poser clairement la question que la droite républicaine doit trancher. Rejoindre le RN reviendrait à renoncer à ce qui fait son identité : le sens de l'État, l'attachement à l'Europe et au droit international, le refus des extrêmes. Sur ce point, aucune ambiguïté ne devrait être permise, ni maintenant ni au soir du premier tour.
Reste la question Édouard Philippe. Crédité de 12 % par OpinionWay, il est le candidat du centre et de la droite le mieux placé, même si le même sondage le donne battu par Marine Le Pen au second tour, à 44 % contre 56 %. Une primaire qui se limiterait à départager Bruno Retailleau et David Lisnard réglerait une rivalité, pas le problème de fond : la division du camp républicain face à l'extrême droite.
Conclusion
Si primaire il doit y avoir, elle n'aura de sens qu'à trois conditions. Elle devra être large, ouverte à tous ceux qui se réclament de la droite et du centre républicains. Elle devra être précédée d'un vrai débat de projet, où la justice sociale, l'école, l'hôpital et la transition écologique pèseront autant que la dette. Et chaque participant devra s'engager par écrit à soutenir le vainqueur et à refuser tout accord avec le Rassemblement national. Une question demeure : la droite de gouvernement saura-t-elle convaincre les Français qu'elle veut réparer le pays, et pas seulement en réduire la dépense ?
Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
L'auteur
La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.
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