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Brésil : Lula réélu de justesse, Flavio Bolsonaro conteste, l'Europe face à un partenaire exigeant

Luiz Inácio Lula da Silva a remporté dimanche un quatrième mandat avec 51,76 % des voix, tandis que son rival Flavio Bolsonaro annonce vouloir faire annuler le scrutin. Pour la France et l'Europe, ce résultat préserve un allié du multilatéralisme et du climat, sans régler le différend sur le Mercosur.

Par La Rédaction LSRPublié le 26 octobre 2026 à 05:27· 4 min de lecture
Luiz Inácio Lula da Silva lors du lancement officiel de sa campagne au stade de Vila Euclides, à São Bernardo do Campo (Brésil), le 16 août 2026.
Luiz Inácio Lula da Silva lors du lancement officiel de sa campagne au stade de Vila Euclides, à São Bernardo do Campo (Brésil), le 16 août 2026. — Crédit : Photo : Ricardo Stuckert / Lula Oficial, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le Brésil a tranché, de justesse. Dimanche 25 octobre, Luiz Inácio Lula da Silva a remporté le second tour de l'élection présidentielle avec 51,76 % des voix contre 48,24 % au sénateur Flavio Bolsonaro, selon les résultats quasi définitifs relayés par l'AFP. L'écart, autour de 3,5 points, représente un peu plus de quatre millions de voix, d'après le décompte du Tribunal supérieur électoral (TSE) rapporté par The Rio Times et Latin Times.

Une victoire inédite, un pays coupé en deux

À près de 81 ans, Lula obtient un quatrième mandat, une première dans l'histoire du pays. La performance est d'autant plus notable qu'il était arrivé deuxième au premier tour du 4 octobre, avec 45,16 % contre 47,03 % à son adversaire. Comme le souligne l'AFP, le Brésil ne suit donc pas le basculement à droite observé ces derniers mois en Argentine, au Chili et en Colombie.

Mais la soirée n'a pas apporté l'apaisement espéré. Selon le Buenos Aires Times, Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, a déclaré qu'il lui était impossible de reconnaître le résultat et qu'il allait demander l'annulation du scrutin. Il conteste la prolongation du vote de deux heures décidée dans l'après-midi par un juge de la Cour suprême, Cristiano Zanin, à la suite d'une requête du camp Lula qui invoquait un manque de bus dans plusieurs États. Le candidat de droite y voit une manœuvre, alors même que son équipe avait elle aussi demandé une extension dans des zones touchées par les pluies.

Le président du TSE, Kassio Nunes Marques, a confirmé la réélection de Lula. Selon le Buenos Aires Times, il a indiqué que la prolongation avait retardé le dépouillement sans modifier le résultat final, et qu'aucune ingérence extérieure n'avait été constatée. Lula doit prendre ses fonctions le 5 janvier 2027.

Les positions en présence

Il faut entendre les arguments du camp conservateur. Changer les horaires d'un scrutin le jour même, sur décision d'un magistrat nommé par le président sortant et ancien avocat de celui-ci, nourrit légitimement des interrogations, et saisir la justice électorale est un droit. La droite peut aussi faire valoir qu'elle a remporté les législatives du 4 octobre : le Parti libéral de la famille Bolsonaro est désormais le premier groupe à la Chambre des députés, avec 121 sièges sur 513, selon The Rio Times.

Le camp présidentiel répond que la prolongation visait à permettre à des électeurs empêchés de voter, et qu'elle s'est appliquée partout. D'après Latin Times, Lula a adopté un ton conciliant en appelant à la paix et à l'unité du pays.

Reste un précédent qui pèse lourd. En 2022, Jair Bolsonaro avait lui aussi refusé d'accepter une courte défaite, avant d'être condamné pour un projet de coup d'État, rappelle le Buenos Aires Times. Faire d'un recours le point de départ d'une délégitimation durable serait un risque pour la démocratie brésilienne.

Ce que cela change pour la France et l'Europe

Pour l'Europe, le résultat a une portée concrète. L'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur, signé le 17 janvier au Paraguay, s'applique à titre provisoire, selon The Rio Times, après l'annonce faite par Ursula von der Leyen fin février et rapportée par le média agricole Pleinchamp. Le Parlement européen avait pourtant saisi en janvier la Cour de justice de l'Union, par 334 voix contre 324, pour vérifier sa conformité aux traités, comme l'explique Le Club des juristes. La France s'y est opposée au Conseil, avec l'Irlande, la Pologne, la Hongrie et l'Autriche, sans réunir de minorité de blocage.

Avec Lula, Bruxelles conserve un interlocuteur attaché au multilatéralisme, mais qui défend fermement la souveraineté brésilienne face à Washington. EUobserver rappelait avant le scrutin que la déforestation amazonienne a été divisée par deux pendant son troisième mandat, contribuant à une baisse des émissions du pays de 16,7 % en 2024.

Notre analyse

Ce scrutin est d'abord une bonne nouvelle pour ceux qui croient au droit international et à la lutte contre le dérèglement climatique. Un Brésil qui protège l'Amazonie et refuse de choisir un camp contre l'autre reste un partenaire précieux pour une France qui défend, depuis le général de Gaulle, une diplomatie indépendante.

Mais cette victoire ne règle pas le désaccord de fond sur le Mercosur. Les inquiétudes des agriculteurs français sont fondées : concurrence sur la viande, normes sanitaires, pesticides. Bruxelles a d'ailleurs suspendu en septembre certaines importations brésiliennes de produits animaux, faute de garanties suffisantes, selon EUobserver. La bonne réponse n'est ni la rupture ni la résignation, mais l'exigence : des clauses miroirs effectives et des contrôles réels.

Une question ouverte

Lula gouvernera avec un Congrès dominé par la droite et un pays divisé presque à parts égales. La France saura-t-elle saisir ce moment pour proposer au Brésil un partenariat renouvelé, fondé sur le climat et la justice sociale, tout en obtenant enfin des garanties sérieuses pour ses agriculteurs ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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L'auteur

La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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