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Brésil : Lula réélu, Flávio Bolsonaro quitte le pays, l'Europe doit défendre le verdict des urnes

Battu dimanche par Lula, Flávio Bolsonaro a quitté le Brésil malgré l'annulation de ses passeports, tandis que Donald Trump dénonce sans preuve un scrutin « truqué ». Pour l'Europe, liée au Brésil par l'accord avec le Mercosur, l'enjeu est désormais le respect du suffrage universel.

Par La Rédaction LSRPublié le 28 octobre 2026 à 13:45· 5 min de lecture
Lula et Donald Trump lors de leur rencontre en marge du sommet de l'ASEAN, à Kuala Lumpur, le 26 octobre 2025.
Lula et Donald Trump lors de leur rencontre en marge du sommet de l'ASEAN, à Kuala Lumpur, le 26 octobre 2025. — Crédit : Photo : Ricardo Stuckert/PR/Agência Brasil, CC BY 3.0 br, via Wikimedia Commons

Trois jours après le second tour de la présidentielle brésilienne, le perdant n'est plus au Brésil. Flávio Bolsonaro, sénateur de Rio de Janeiro et fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, a franchi la frontière argentine dans la nuit de mardi à mercredi, avant de s'envoler vers l'Équateur. Pendant ce temps, Donald Trump met en doute la sincérité du scrutin, et l'Europe doit dire clairement de quel côté elle se tient.

Les faits

Le 25 octobre, Luiz Inácio Lula da Silva a été réélu pour un quatrième mandat avec 51,79 % des voix, selon les chiffres repris par Agence Europe. Son avance atteint près de 4,4 millions de suffrages, d'après Euronews. Flávio Bolsonaro, arrivé en tête au premier tour, n'a pas reconnu sa défaite et a réclamé l'annulation du vote. Il conteste notamment la prolongation de deux heures de l'ouverture des bureaux, décidée par un juge de la Cour suprême en raison de retards de transport et de fortes pluies. Al Jazeera rappelle que les deux camps avaient eux-mêmes demandé ce délai supplémentaire. Son parti, le Parti libéral, a pour sa part fini par reconnaître la victoire de Lula.

Lundi, le sénateur assurait n'avoir jamais pensé à quitter le pays et promettait de prendre la tête de l'opposition. Un ordre judiciaire lui imposait pourtant de remettre ses passeports, par crainte d'une fuite. Selon une source policière citée par l'AFP, il ne l'a pas fait, et ses documents, y compris son passeport diplomatique, ont été annulés mardi. D'après la direction des migrations argentine, il a franchi la frontière par la route avec son épouse et ses deux filles, muni de documents de voyage en règle, puis a embarqué sur un vol privé à destination de Guayaquil. Sa destination finale reste inconnue.

Flávio Bolsonaro fait l'objet de plusieurs enquêtes, dont une pour corruption et blanchiment présumés liés au financement d'un film sur son père. Il nie toute irrégularité, et ces procédures n'ont abouti à aucune condamnation à ce stade. Son père, lui, purge, en résidence surveillée, une peine de 27 ans de prison pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir après sa défaite de 2022, comme le rappelle France 24.

Les positions en présence

À Washington, Donald Trump a dénoncé lundi, sans apporter de preuve, des élections « truquées », rapporte France 24. Le président américain avait reçu Flávio Bolsonaro à la Maison Blanche en mai, et un responsable du département d'État a indiqué que des visas seraient accordés au sénateur et à sa famille.

Il faut entendre les arguments de ce camp. La prolongation du vote, même demandée par les deux candidats, pouvait nourrir des soupçons dans une élection serrée. Et la campagne a été marquée par des tensions autour des réseaux sociaux : Lula a accusé Meta d'avoir restreint la diffusion de ses contenus, et l'entreprise a reconnu des « problèmes techniques » ayant pénalisé la gauche en ligne, selon l'AFP. Mardi, un juge de la Cour suprême a ordonné une enquête sur un éventuel financement étranger de la campagne bolsonariste et sur de possibles manipulations en ligne.

Lula, lui, a jugé « honteux » le départ de son adversaire, qui aurait dû selon lui rester répondre à la justice. En Europe, les félicitations ont été rapides. Ursula von der Leyen a salué une victoire de la démocratie et du multilatéralisme, et António Costa a promis d'approfondir les liens. Emmanuel Macron a appelé à renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays au service d'un monde plus juste, selon Euronews.

L'analyse

Ce qui se joue au Brésil dépasse la personne de Flávio Bolsonaro. Une démocratie se juge à la manière dont ses perdants acceptent le verdict. Le Parti libéral l'a fait, et c'est à mettre à son crédit. Mais quitter le territoire malgré une décision de justice, après avoir promis de s'y conformer, fragilise l'idée même que la loi s'applique à tous, puissants compris. Personne ne peut préjuger de l'issue des enquêtes. On peut en revanche exiger que la justice brésilienne puisse faire son travail.

L'attitude de Washington pose un problème plus large. Qu'un allié historique de l'Europe mette en cause sans preuve un scrutin validé par les institutions d'un pays souverain, puis offre l'hospitalité à un responsable visé par la justice, revient à placer l'affinité idéologique au-dessus du droit. C'est exactement la logique que la tradition gaulliste a toujours refusée : on traite avec des États et avec leurs institutions, pas avec des clans.

L'Europe a aussi des intérêts concrets. L'accord commercial avec le Mercosur s'applique à titre provisoire depuis le 1er mai, selon Euronews, et Bruxelles craignait qu'une victoire bolsonariste ne le remette en cause. Mais un partenariat solide ne peut pas reposer sur le seul commerce. L'accord reste contesté en France, notamment par les agriculteurs, et le Parlement européen a saisi la Cour de justice de l'Union. La réélection de Lula offre l'occasion de rééquilibrer la relation autour de ce qui rapproche vraiment les deux rives : la protection de l'Amazonie, la lutte contre la désinformation, la défense des institutions multilatérales.

Conclusion

La France, qui partage avec le Brésil une frontière en Guyane, a une voix particulière à faire entendre. Elle pourrait proposer que l'Union et le Brésil engagent un dialogue structuré sur l'intégrité des élections et la responsabilité des grandes plateformes numériques, deux sujets sur lesquels les Européens ont eux-mêmes beaucoup à perdre. La question est simple : l'Europe saura-t-elle défendre le verdict des urnes ailleurs avec la même fermeté que chez elle ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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L'auteur

La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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