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COP17 d'Erevan : quatorze décisions adoptées, le financement de la nature reste à trouver

À mi-parcours de la conférence de l'ONU sur la biodiversité, les délégations ont adopté leurs premières décisions mais butent toujours sur l'argent et le partage des bénéfices. La France défend l'accélération et l'élargissement des contributeurs, encore faut-il qu'elle et l'Europe donnent l'exemple.

Par La Rédaction LSRPublié le 25 octobre 2026 à 00:30· 4 min de lecture

À mi-parcours de la COP17 sur la biodiversité, qui se tient à Erevan, en Arménie, jusqu'au 30 octobre, les délégations ont bouclé une première semaine studieuse mais prudente. Restent les sujets qui fâchent, à commencer par l'argent.

Les faits : quatorze décisions, et l'essentiel encore devant soi

Selon le quotidien nigérian Premium Times, qui dresse ce samedi le bilan de la première semaine, les délégués ont adopté quatorze décisions au titre de la Convention sur la diversité biologique et de ses protocoles de Carthagène et de Nagoya. Elles portent notamment sur la biosécurité, les espèces envahissantes, l'égalité femmes-hommes et le suivi des engagements. La secrétaire exécutive de la Convention, Astrid Schomaker, y voit un progrès réel, tout en prévenant que le plus dur reste à faire.

Certaines des questions les plus complexes sont encore devant nous — Astrid Schomaker, citée par Premium Times

Ces questions sont connues. La COP17 doit dresser le premier bilan mondial du cadre de Kunming-Montréal, adopté fin 2022, qui fixe 23 cibles pour 2030, dont la protection de 30 % des terres et des mers. Le constat est sévère. D'après la synthèse du secrétariat rapportée par le média Vert, à partir de 129 rapports nationaux, une seule cible, celle qui vise à limiter les effets du changement climatique sur la biodiversité, semble en bonne voie. Quant aux aires protégées, un rapport d'ONG cité par Vert estime que les engagements actuels, même tenus, mèneraient à 27 % des terres et 12 % des mers protégées en 2030.

Le nœud du financement

En 2022, la communauté internationale s'est engagée à mobiliser 200 milliards de dollars par an d'ici 2030, dont 30 milliards de transferts des pays développés vers les pays en développement. Le palier intermédiaire de 20 milliards en 2025 n'aurait probablement pas été atteint, selon le secrétariat cité par Vert. Le Fonds de Cali, créé en 2024 pour que les entreprises qui exploitent les données génétiques issues de la nature en reversent une part, n'aurait reçu que quelques milliers de dollars de contributions volontaires, très loin du milliard annuel espéré, toujours d'après Vert.

En face, les flux qui abîment la nature restent massifs. Les subventions jugées néfastes, dont celles aux énergies fossiles, sont évaluées à 2 600 milliards de dollars par an, selon les chiffres repris par France 24, alors que le cadre prévoit de les réduire d'au moins 500 milliards par an. Le Programme des Nations unies pour l'environnement estime, selon L'Économiste maghrébin, qu'environ 30 dollars soutiennent la dégradation des écosystèmes pour chaque dollar consacré à leur protection.

Les positions en présence

Les pays développés refusent la création d'un nouveau fonds, qui risquerait selon eux de fragmenter une finance mondiale de la biodiversité déjà éclatée, rapporte Vert. Ils préfèrent, selon Carbon Brief, conserver le mécanisme existant géré par le Fonds pour l'environnement mondial. Dans un contexte budgétaire tendu, l'argument d'efficacité n'est pas absurde.

La Russie, d'après Premium Times, plaide pour séparer la coopération environnementale de la géopolitique, défend un partage volontaire des bénéfices tirés des ressources génétiques et s'oppose à toute nouvelle structure jugée redondante. Elle refuserait aussi d'ajouter des obligations climatiques aux décisions sur la biodiversité, selon Joseph Onoja, directeur de la Nigerian Conservation Foundation.

Les pays africains, eux, réclament des financements prévisibles et un partage équitable des bénéfices. Selon eux, la richesse biologique de leurs territoires profite à des industries lointaines sans revenir aux communautés d'origine. Le débat porte aussi sur la liste des pays contributeurs, établie en 2006, qui n'inclut ni la Chine, ni l'Inde, ni les pays du Golfe, comme le relève France 24.

L'analyse : la France a une ligne, il lui faut des actes

Sur le papier, la position française est claire. Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères demande une accélération de la mise en œuvre, davantage de financements associant le secteur privé et un élargissement du nombre de pays contributeurs. Il rappelle que le déficit annuel de financement de la biodiversité est estimé à 700 milliards de dollars et qu'environ 70 % des espèces cultivées en France dépendent de la pollinisation animale. La biodiversité, c'est notre agriculture et notre alimentation.

Cette ligne est juste, et elle s'inscrit dans une tradition française du multilatéralisme qu'on aurait tort d'abandonner au moment où les États-Unis, qui n'ont jamais ratifié la Convention, restent hors du jeu. Mais la crédibilité d'une diplomatie se mesure à sa cohérence. Demander aux grands émergents de contribuer suppose que les pays européens tiennent leurs propres promesses de solidarité. Plaider pour la fin des subventions néfastes suppose de commencer chez soi, sans faire porter l'effort sur les seuls agriculteurs, qui ont besoin d'être accompagnés plutôt que désignés.

Le Fonds de Cali illustre le problème. Un mécanisme fondé sur le seul volontariat des entreprises ne produit, à ce stade, presque rien. Le droit international progresse par des règles communes, pas par des vœux pieux.

Conclusion : une semaine pour transformer l'essai

La seconde semaine d'Erevan dira si la COP17 se contente d'appeler les pays à renforcer leurs efforts, ce que Juliette Landry, de l'Iddri, jugeait insuffisant dans Vert, ou si elle fixe des priorités et des moyens. La France et l'Union européenne pourraient proposer un compromis : rendre obligatoire une contribution minimale des entreprises qui utilisent les ressources génétiques, en échange d'un élargissement réel de la base des pays donateurs. Sans cela, une question restera ouverte : à quoi servent des objectifs pour 2030 que personne ne se donne les moyens d'atteindre ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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L'auteur

La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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