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Gare de Dnipro frappée : face à la guerre contre les civils, la France doit choisir la cohérence

Au moins 14 personnes ont été tuées jeudi par un drone russe sur un quai de la gare de Dnipro, quelques jours après qu'une commission de l'ONU a qualifié de crimes contre l'humanité les frappes contre l'énergie ukrainienne. Entre trêve locale et sanctions allégées, l'Europe doit dire clairement ce qu'elle défend.

Par La Rédaction LSRPublié le 30 octobre 2026 à 09:26· 4 min de lecture
La gare centrale de Dnipro-Holovnyi, à Dnipro (Ukraine), en août 2020.
La gare centrale de Dnipro-Holovnyi, à Dnipro (Ukraine), en août 2020. — Crédit : Photo : Posterrr, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Jeudi 29 octobre, en fin de matinée, un drone russe a frappé un quai de la gare de Dnipro, grande ville du centre-est de l'Ukraine. Au moins 14 personnes ont été tuées, selon les autorités ukrainiennes citées par BFMTV et le Kyiv Independent. Quelques heures plus tard, la capitale était à son tour visée. Cette séquence intervient alors qu'une rare trêve locale, négociée avec l'appui américain, tenait encore dans la région de Kherson.

Les faits : une gare, un train, une alerte

D'après la compagnie ferroviaire publique Ukrzaliznytsia, un drone à réaction a touché le quai où stationnait un train en partance pour Zaporijjia. Des voyageurs se trouvaient encore sur place malgré l'alerte aérienne, précise l'entreprise. Le même jour, cinq autres civils ont été tués à Tchernihiv, Krementchouk et dans la région de Zaporijjia, rapporte BFMTV.

Dans la nuit, plusieurs missiles balistiques ont visé Kiev, où une personne a été tuée, selon le Kyiv Independent. Le maire, Vitali Klitschko, a fait état d'entrepôts en feu dans le district de Darnytskyi. Autour de Dnipro, le gouverneur régional Oleksandr Hanzha indique que jusqu'à 350 000 personnes ont été privées d'électricité après des frappes sur le réseau. Volodymyr Zelensky affirme que la Russie a tiré plus de 100 missiles balistiques sur Kiev et sa région depuis le 14 octobre.

Ces attaques ne surgissent pas de nulle part. Le 26 octobre, la Commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU sur l'Ukraine a présenté son rapport à l'Assemblée générale. Selon ONU Info, elle qualifie les frappes répétées contre le réseau énergétique de crimes contre l'humanité, au titre des « autres actes inhumains », et estime que les commandants russes savaient ces installations indispensables aux civils en hiver. Un habitant de Kiev entendu par les enquêteurs résume ce que cela signifie au quotidien :

« C'était comme une torture d'avoir peur de mourir de froid » — un habitant de Kiev, cité par la Commission d'enquête de l'ONU

Les positions en présence

Emmanuel Macron a réagi sur X. Selon BFMTV, il a dénoncé une Russie qui continue de « miser sur l'escalade » en visant les civils, jugé « intolérable » le rejet par Moscou des propositions de cessez-le-feu, et appelé à redoubler d'efforts pour une « paix juste et durable ». Il a aussi estimé que l'Ukraine a besoin de bien plus que le cessez-le-feu localisé d'Olechky.

Volodymyr Zelensky, lui, a pointé une contradiction occidentale. Il a demandé, d'après BFMTV, combien de frappes la Russie avait menées depuis l'allègement de certaines sanctions visant des oligarques et le secteur énergétique russe. La critique vise d'abord Washington, qui a conclu en octobre un arrangement avec Moscou facilitant l'arrivée du diesel russe sur les marchés mondiaux. Mais elle touche aussi l'Europe : en septembre, l'Union a retiré deux oligarques de sa liste de sanctions, à la demande de la France et du Luxembourg, une concession qui a permis de sauver in extremis le renouvellement de l'ensemble du dispositif, selon Boursorama. Paris avait invoqué des motifs de « sécurité nationale » dans le cas d'Alicher Ousmanov, rapporte Le Club des juristes.

Il faut entendre aussi l'argument inverse. Les partisans de la méthode américaine font valoir que seuls des gestes concrets amèneront Moscou à négocier, et la trêve d'Olechky leur donne un exemple. Selon l'AFP, reprise par Noovo, elle est entrée en vigueur le 27 octobre pour permettre l'aide et l'évacuation d'environ 2 000 habitants privés de nourriture, d'eau et de médicaments. Les médiateurs russe et ukrainien des droits humains ont confirmé qu'elle était respectée.

L'analyse : la cohérence comme arme

La trêve d'Olechky est une bonne nouvelle pour ceux qui y vivent, et personne ne devrait la mépriser. Mais elle ne fait pas une politique. Une pause de quelques jours sur quelques kilomètres ne pèse guère face à une campagne que les enquêteurs de l'ONU décrivent comme méthodique, dirigée contre ce qui permet à une population de se chauffer, de soigner et de se déplacer. Frapper un quai de gare où attend un train de voyageurs relève de cette même logique.

Pour la France, la question est celle de la cohérence. Le président parle juste quand il réclame une paix « juste et durable ». Une diplomatie fidèle à la tradition gaulliste ne se contente pourtant pas de mots : elle s'appuie sur le droit et sur la constance. Chaque exception accordée, qu'elle soit américaine sur le diesel ou européenne sur des oligarques, affaiblit la crédibilité de l'ensemble. On peut comprendre qu'un État ait des raisons qu'il ne publie pas. On peut aussi attendre qu'il les assume devant le Parlement.

Il y a enfin une dimension sociale, au sens le plus simple. Des centaines de milliers de familles ukrainiennes entrent dans l'hiver sans garantie d'électricité. La solidarité européenne se mesure là, en transformateurs, en générateurs, en défense antiaérienne pour les villes, et en accueil digne de ceux qui fuient.

Conclusion : faire payer le droit, pas seulement le dire

Le rapport de l'ONU fournit une base juridique solide. La France pourrait proposer à ses partenaires européens d'en tirer trois conséquences : soutenir le travail de documentation en vue de poursuites futures, conditionner toute nouvelle levée de sanctions à un débat transparent, et financer en priorité la protection du réseau énergétique ukrainien avant l'hiver. La question reste ouverte : l'Europe veut-elle être un acteur de la paix ou seulement le commentateur des trêves négociées par d'autres ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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