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Houthis sur la liste terroriste : Strasbourg hausse le ton, l'Europe doit aussi tendre la main

Au lendemain d'une attaque meurtrière contre l'aéroport de Dammam, le Parlement européen demande d'inscrire les Houthis sur la liste terroriste de l'Union. Un signal de fermeté légitime, qui doit s'accompagner d'exemptions humanitaires et d'une initiative diplomatique.

Par La Rédaction LSRPublié le 22 octobre 2026 à 22:27· 4 min de lecture
L'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg pendant une session plénière, en 2014.
L'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg pendant une session plénière, en 2014. — Crédit : Photo : Diliff, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le Parlement européen a adopté jeudi 22 octobre, à main levée et à une large majorité selon Euronews, une résolution demandant que les Houthis soient inscrits sur la liste terroriste de l'Union européenne. Le vote intervient au lendemain d'une nouvelle attaque meurtrière contre un aéroport saoudien.

Les faits : une escalade qui touche désormais les civils du Golfe

Mercredi soir, l'aéroport de Dammam, dans l'est de l'Arabie saoudite, a été frappé. Selon l'autorité saoudienne de l'aviation civile, citée par l'AFP, l'attaque a fait deux morts, un Saoudien et un Indien, et huit blessés. Les Houthis ont démenti en être les auteurs, tout en revendiquant d'autres frappes contre des installations pétrolières d'Aramco à Yanbu et sur le champ de Chaybah. D'après le décompte de l'AFP fondé sur les chiffres officiels, les attaques contre les aéroports saoudiens ont fait 22 morts depuis le début du mois.

Les conséquences s'enchaînent. Le personnel encore présent au siège d'Aramco, à Dhahran, a reçu l'ordre de quitter les lieux, rapportent l'AFP et Reuters. Le département d'État américain a ordonné le départ de ses agents non essentiels et de leurs familles, estimant que les Houthis sont de plus en plus engagés dans les hostilités. Le forum d'investissement surnommé « Davos du désert » a été reporté, tout comme un sommet entre l'Union européenne et les pays du Golfe prévu à Riyad, selon la haute représentante Kaja Kallas citée par The National.

Ce conflit, resté calme depuis la trêve de 2022, a repris en juillet, rappelle l'AFP. En septembre, les Houthis ont pris le contrôle de la côte yéménite de la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, au moment où l'Iran bloque celui d'Ormuz.

Ce que demande Strasbourg

La résolution, non contraignante, vise l'ensemble du mouvement, branches politique et militaire comprises, ainsi que ses dirigeants. Elle réclame, selon Eunews, le démantèlement de tous ses canaux de financement et le gel de ses avoirs. Elle condamne le rôle de l'Iran, accusé de fournir armes, technologie de missiles et de drones, formation et argent, et soutient le renforcement de l'opération navale européenne Aspides.

La négociatrice du texte, la socialiste Hana Jalloul (S&D), a exprimé sa solidarité avec le peuple yéménite et les pays du Golfe. Pour l'eurodéputé conservateur Antonio López-Istúriz White, cité par The National, la crédibilité de l'Europe est en jeu.

Mais le Parlement ne décide pas. Une inscription sur la liste terroriste exige l'accord unanime des Vingt-Sept, a rappelé Kaja Kallas.

Les arguments en présence

Les partisans de l'inscription font valoir un argument solide : frapper des aéroports civils viole le droit international humanitaire, et l'Union a déjà classé comme terroristes les Gardiens de la révolution iraniens et la branche armée du Hezbollah. Ne pas traiter les Houthis de la même manière serait, selon eux, une incohérence. La France elle-même a condamné « dans les termes les plus forts » l'attaque du 10 octobre contre l'aéroport de Riyad, dans laquelle un ressortissant français a été blessé, selon le Quai d'Orsay.

Les réserves, elles, portent sur le sort des Yéménites. Lorsque les États-Unis ont désigné les Houthis comme organisation terroriste, des ONG comme Oxfam et des experts de l'United States Institute of Peace ont averti, comme le rapporte Time, que les banques et les fournisseurs risquaient de fuir le pays par peur des sanctions, asphyxiant l'aide dont dépend environ 80 % de la population. Or la situation humanitaire s'aggrave : selon l'ONU, plus de 250 000 personnes ont fui les combats récents, et dix des seize districts de Taïz sont classés en situation d'urgence alimentaire.

Analyse : la fermeté, oui, mais avec une politique

Rien ne justifie de viser des terminaux d'aéroport et des civils. La solidarité affichée par Paris avec l'Arabie saoudite face à ces attaques est fondée. Mais une étiquette n'est pas une stratégie. Le signal envoyé par Strasbourg est utile ; il ne règle ni l'acheminement de l'aide, ni la sortie de guerre.

La tradition diplomatique française, de De Gaulle à Chirac, a toujours tenu ensemble deux exigences : la condamnation sans ambiguïté de la violence contre les civils, et le refus de fermer la porte au dialogue. Le droit international vaut pour tous. Les Houthis le violent en frappant des aéroports ; il s'applique aussi aux frappes menées depuis des années sur les infrastructures civiles du Yémen, que le mouvement invoque pour justifier ses attaques. Le rappeler n'excuse rien, c'est la condition de la crédibilité européenne dans la région.

Avec Ormuz et Bab el-Mandeb perturbés, nos approvisionnements en énergie et en denrées sont aussi en jeu. Or la mission Aspides ne compte que trois navires italiens et grecs, deux autres étant promis par la Belgique et les Pays-Bas, alors que Kaja Kallas a estimé, selon Euronews, qu'il en faudrait au moins dix. L'Europe ne peut pas réclamer des sanctions à Strasbourg et laisser sa propre mission navale sous-dimensionnée.

Conclusion : une liste, et une main tendue

Si la France soutient l'inscription des Houthis au Conseil, elle devrait poser deux conditions : des exemptions humanitaires claires et opérationnelles, pour que les banques et les ONG puissent continuer à faire parvenir nourriture, carburant et médicaments au Yémen ; et une initiative diplomatique européenne, avec les pays de la région qui, comme l'Égypte, appellent à explorer toutes les pistes politiques. La question reste ouverte : l'Europe saura-t-elle être à la fois ferme face aux attaques et utile à la paix ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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