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Serbie, suite : Vučić reconnaît sa défaite, l'Europe doit maintenant tenir parole

Après quatorze ans de pouvoir, Aleksandar Vučić a concédé dimanche soir la victoire à la Liste des étudiants, créditée d'une majorité absolue par les projections. Bruxelles ouvre déjà la porte, mais les vainqueurs restent prudents sur leur cap international et le plus dur commence.

Par La Rédaction LSRPublié le 26 octobre 2026 à 01:30· 5 min de lecture
Facultés de Belgrade occupées par les étudiants mobilisés, janvier 2025.
Facultés de Belgrade occupées par les étudiants mobilisés, janvier 2025. — Crédit : Photo : Karadan1804, CC0, via Wikimedia Commons

Après quatorze ans au sommet de l'État serbe, Aleksandar Vučić a reconnu sa défaite dimanche soir, environ une heure et demie après la fermeture des bureaux de vote, selon CBS News. La Liste des étudiants, née de près de deux ans de mobilisation contre la corruption, sortirait des législatives anticipées avec une majorité absolue.

Les faits

D'après l'AFP, le dirigeant sortant a lui-même admis devant le pays qu'il était « clair que nous avons perdu ces élections ». Il a annoncé entre 135 et 140 sièges pour la Liste des étudiants, contre environ 105 pour son Parti progressiste serbe (SNS), sur un Parlement de 250 députés. La majorité absolue est fixée à 126 sièges.

Les projections indépendantes vont dans le même sens, avec des écarts qui devront être levés par les résultats officiels. Selon Reuters, l'échantillon de l'institut CeSID-Ipsos donnerait 138 sièges à la liste étudiante et 104 au SNS. Euronews fait état d'une estimation à 52,9 % des voix et 141 sièges, tandis que l'observatoire CRTA avancerait 51,2 % et 134 sièges. Aleksandar Vučić a évoqué environ 1,7 million de voix pour son camp et 2,2 millions pour ses adversaires, rapporte CBS News.

La participation aurait approché 70 %, soit le niveau le plus élevé depuis l'éclatement de la Yougoslavie selon Reuters. L'AFP rappelle que le précédent record, autour de 70 %, remontait au scrutin de 2000 qui avait chassé Slobodan Milošević du pouvoir.

Ce vote est l'aboutissement d'un mouvement né en 2024, après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui avait fait 16 morts. Les étudiants avaient attribué ce drame à une corruption endémique dans les chantiers publics. Aleksandar Vučić, président depuis 2017, avait démissionné début septembre pour mener lui-même la campagne de son camp et briguer le poste de Premier ministre, selon l'AFP.

Les positions en présence

Le camp sortant n'a pas caché son amertume. Selon CBS News, Aleksandar Vučić a attribué sa défaite aux médias indépendants, à des ingérences de pays européens qu'il n'a pas nommés et à un « État profond américain ». Il a toutefois appelé ses partisans au calme, déclarant ne vouloir « ni troubles, ni morts », selon des propos relayés par la presse internationale. Il faut lui reconnaître ce point : en acceptant rapidement le verdict, il a évité au pays une nuit de crise.

Ses soutiens rappelleront aussi qu'il conserve une base électorale solide, qui voyait en lui un dirigeant capable, et que son parti reste la première force organisée du pays. Avec plus d'un tiers des voix, le SNS ne disparaît pas.

En face, la Liste des étudiants ne compte aucun étudiant parmi ses candidats, mais des experts, des sportifs, des agriculteurs et des artistes, selon CBS News. Le cardiologue Ilija Srdanović, présenté comme sa tête de liste, a résumé l'état d'esprit de la soirée, cité par l'AFP :

La Serbie a gagné, comme nous l'avions promis. — Ilija Srdanović

Le professeur Radomir Šaičić, qui s'exprimait au nom des étudiants, a fixé le cap selon Reuters : célébrer ce soir, construire demain.

À Bruxelles, la réaction a été immédiate. D'après Reuters et Euronews, Ursula von der Leyen et António Costa ont salué la victoire et se sont dits prêts à soutenir des réformes sur l'État de droit, la liberté des médias et la lutte contre la corruption. La commissaire à l'Élargissement, Marta Kos, a affirmé que « la porte de l'UE est ouverte ». Le Hongrois Péter Magyar, tombeur de Viktor Orbán au printemps, a assuré les vainqueurs du soutien de son pays.

L'analyse

Ce scrutin confirme une tendance que la Hongrie avait déjà illustrée en avril : en Europe centrale et dans les Balkans, une jeunesse mobilisée peut défaire par les urnes des pouvoirs installés de longue date. C'est une bonne nouvelle pour tous ceux qui croient, dans la tradition gaulliste, que la souveraineté d'un peuple s'exprime d'abord par un vote libre.

Mais la prudence s'impose. Les observateurs indépendants ont signalé des dizaines d'irrégularités pendant la journée, selon CBS News, et les résultats officiels restent à proclamer. Surtout, la position de la Liste des étudiants sur l'Union européenne reste ambiguë, note Euronews, qui la juge moins ouvertement pro-européenne que le parti Tisza en Hongrie. Reuters souligne que les vainqueurs se sont peu exprimés sur la politique étrangère, alors que la Russie demeure le principal fournisseur de gaz du pays, que la Chine y investit massivement et que l'Union est son premier partenaire commercial.

Pour la France et l'Europe, l'enjeu est donc double. Il s'agit d'abord de ne pas confondre cette victoire avec un ralliement automatique : le mouvement est né d'une exigence de justice et de probité, pas d'un mot d'ordre géopolitique. Il s'agit ensuite de ne pas sacrifier l'État de droit au nom de la stabilité régionale, tentation à laquelle l'Europe devra résister. Elle sera crédible si elle soutient la justice indépendante, des médias libres et des services publics dignes de ce nom, ceux-là mêmes que les étudiants ont mis en cause après le drame de Novi Sad.

Et maintenant ?

La formation d'un gouvernement, la transition dans l'administration et la question du Kosovo mettront rapidement les nouveaux élus à l'épreuve. Paris, qui entretient avec Belgrade une relation ancienne, a tout intérêt à accompagner cette transition sans paternalisme. Une proposition simple : que la France plaide, avec ses partenaires, pour un programme européen d'appui aux réformes de la justice et des marchés publics, lié à des étapes concrètes d'adhésion. La porte est ouverte, disait Marta Kos. Reste à savoir si l'Union saura la tenir ouverte quand viendront les compromis difficiles.

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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