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Budget européen 2028-2034 : Costa reprend la main, la France doit défendre plus que sa PAC

Le président du Conseil européen, António Costa, ouvre deux semaines de consultations avec les Vingt-Sept avant un sommet extraordinaire, le 26 novembre, sur le budget 2028-2034. Entre des pays frugaux qui réclament des coupes massives et une France pressée par son calendrier électoral, la question des ressources propres devient décisive.

Par La Rédaction LSRPublié le 22 octobre 2026 à 10:35· 5 min de lecture
Le bâtiment Europa, siège du Conseil européen, à Bruxelles, en juillet 2019.
Le bâtiment Europa, siège du Conseil européen, à Bruxelles, en juillet 2019. — Crédit : Photo : PPEscientist, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Costa accélère, le calendrier se resserre

Devant le Parlement européen réuni à Strasbourg, mercredi 21 octobre, le président du Conseil européen, António Costa, a rendu compte du sommet des 15 et 16 octobre. Sur le futur budget pluriannuel de l'Union, celui de 2028 à 2034, il a répété que les Vingt-Sept restaient déterminés à conclure d'ici à la fin de l'année, selon le texte de son discours publié par le Conseil.

« C'est essentiellement un choix politique concernant l'Europe que nous voulons construire ensemble » — António Costa

Selon le site Eunews, son cabinet engage deux semaines de rencontres bilatérales avec les délégations de tous les États membres. Elles porteront d'abord sur les nouvelles ressources propres, c'est-à-dire les recettes perçues directement par l'Union plutôt que versées par les budgets nationaux. Objectif : présenter un nouveau compromis chiffré avant le sommet extraordinaire convoqué le 26 novembre à Bruxelles. D'après Agence Europe, une réunion informelle doit se tenir à Dublin le 13 novembre, et les dirigeants espèrent sceller un accord au Conseil européen des 17 et 18 décembre.

Un écart de plusieurs centaines de milliards

Le point de départ est la proposition de la Commission : près de 2 000 milliards d'euros sur sept ans, soit 1,26 % du revenu national brut de l'Union, selon Toute l'Europe. Le budget actuel, sur 2021-2027, s'élève à environ 1 300 milliards, rappelle Reuters.

Les pays dits « frugaux » jugent cette ambition hors de portée. En juin, un document interne du gouvernement allemand consulté par Reuters réclamait une coupe d'environ 400 milliards d'euros. En août, six contributeurs nets (Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Autriche, Finlande, Suède) ont demandé une réduction de « plusieurs centaines de milliards » et rejeté tout nouvel emprunt commun, toujours selon Reuters. À l'issue du sommet d'octobre, le chancelier Friedrich Merz a estimé que son pays ne pouvait pas financer une hausse de près de 50 %, rapporte la Banque des Territoires.

La présidence irlandaise du Conseil a mis sur la table, le 10 octobre, un compromis réduisant l'enveloppe d'environ 140 à 160 milliards d'euros selon le mode de calcul, d'après Toute l'Europe et Agence Europe. Les frugaux le jugent encore insuffisant et le Parlement européen l'a rejeté, tandis que les dix-sept « amis de la cohésion », attachés aux fonds régionaux et agricoles, l'ont plutôt accueilli favorablement, selon Agence Europe.

La position française, entre deux feux

La France est le deuxième contributeur net de l'Union. Selon Toute l'Europe, elle a versé près de 23 milliards d'euros en 2025, et l'Assemblée nationale a voté le 14 octobre une contribution estimée à 30,9 milliards pour 2027. Elle est aussi la première bénéficiaire de la politique agricole commune, avec environ 9,3 milliards par an.

D'après la Banque des Territoires, Emmanuel Macron refuse les coupes en général, veut protéger l'agriculture, la pêche, la cohésion et le futur fonds de compétitivité, s'oppose à une hausse des contributions nationales et mise sur de nouvelles ressources propres. Selon Agence Europe, l'Élysée a mis en garde contre un budget « anti-Draghi », qui sacrifierait l'industrie, la défense et l'innovation. Le chef de l'État a surtout averti qu'un accord deviendrait politiquement très difficile une fois la France entrée dans la campagne présidentielle d'avril-mai 2027. La veille du sommet, le 14 octobre, Marine Le Pen a redit à Bruxelles son intention de diviser par deux la contribution française, rapporte Agence Europe. António Costa, lui, a démenti tout lien entre son calendrier et les échéances électorales.

Les arguments des frugaux méritent d'être entendus

Il serait injuste de caricaturer Berlin ou La Haye. Leurs gouvernements font valoir que chaque euro versé à Bruxelles manque aux écoles, aux hôpitaux et aux armées nationales, et que les contribuables attendent de la rigueur. Leur refus d'une nouvelle dette commune repose sur une crainte légitime : que l'Union s'habitue à emprunter sans recettes pour rembourser. Et ils demandent eux aussi davantage pour la défense et la compétitivité.

Mais leur logique bute sur une contradiction, que l'Élysée a pointée selon Agence Europe : les coupes qu'ils réclament tomberaient surtout sur les politiques d'avenir qu'ils disent défendre, puisque la PAC et la cohésion sont politiquement quasi intouchables. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a pour sa part prévenu qu'un budget figé à 99,5 % pour dix ans deviendrait un carcan face aux crises, selon la Banque des Territoires.

Ce que la France devrait défendre

Une Europe qui veut peser entre Washington, Moscou et Pékin ne peut pas se construire au rabais. Mais elle ne peut pas non plus se financer en alourdissant sans fin les contributions nationales, payées au bout du compte par les ménages. La voie la plus juste passe par les ressources propres. Le Parlement européen en a chiffré le besoin à environ 60 milliards d'euros par an, selon Toute l'Europe, et sa présidente, Roberta Metsola, y voit un possible pont vers l'accord, d'après Agence Europe. Faire contribuer les très grandes entreprises, les géants du numérique et les importations les plus carbonées, plutôt que les agriculteurs ou les régions fragiles, relève de la justice fiscale autant que de la souveraineté.

La France a donc intérêt à ne pas se replier sur la seule défense de sa PAC. Sa ligne pourrait être claire : pas d'accord sans un véritable panier de ressources propres, et pas de coupe dans la cohésion, ciment d'une Union où les écarts entre territoires nourrissent les extrêmes. Reste une question que la campagne de 2027 rendra brûlante : les responsables français sauront-ils expliquer aux électeurs qu'un budget européen solide n'est pas une dépense perdue, mais une assurance collective ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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