Iran, suite : Riyad, Ankara et Islamabad à Téhéran, l'Europe doit saisir la fenêtre avant le 3 novembre
Pour la première fois, les trois signataires du pacte de défense de La Mecque se sont réunis avec l'Iran à Téhéran, sans accord concret mais avec la promesse de se revoir. À une semaine des élections américaines, la France et l'Europe ont une carte diplomatique à jouer.

L'Iran a accueilli lundi 26 octobre à Téhéran une réunion inédite avec trois puissances régionales. Le ministre saoudien de la Défense, Khalid ben Salmane, le chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, et le chef du renseignement turc, Ibrahim Kalin, ont été reçus par le président Massoud Pezeshkian, selon i24NEWS, Al Jazeera et le Tehran Times. À une semaine des élections de mi-mandat américaines, la rencontre ressemble à une course contre la montre.
Les faits
D'après i24NEWS et l'agence Belga, la réunion a été lancée par le Pakistan, médiateur dans le conflit. Elle réunissait l'Iran et les trois signataires du pacte de défense mutuelle conclu à La Mecque en août, qui prévoit qu'une attaque contre l'un vaut attaque contre tous. Selon un responsable pakistanais cité par Reuters, les discussions ont porté sur un mécanisme régional de non-agression, les négociations entre Washington et Téhéran, les attaques des Houthis contre l'Arabie saoudite, la navigation dans le détroit d'Ormuz et le blocus américain des ports iraniens. Le nucléaire n'aurait pas été abordé.
Le résultat reste modeste. Les quatre pays ont publié une déclaration commune dans laquelle ils s'engagent à poursuivre le dialogue, rapporte le Tehran Times, mais aucun accord concret n'a été annoncé, note i24NEWS. Un responsable iranien a indiqué à Reuters que Téhéran refusait toute discussion avec les États-Unis tant que ses conditions, à commencer par la levée du blocus et des sanctions pétrolières, ne seraient pas remplies.
Le contexte militaire, lui, se tend. Selon The War Zone, qui cite CNN, les forces américaines seraient en mesure de lancer des opérations d'envergure dans les 96 heures suivant un ordre présidentiel. Donald Trump a déclaré dimanche qu'il devait choisir entre achever le travail et conclure un accord, et il aurait confié à ses conseillers s'attendre à reprendre les frappes après le scrutin du 3 novembre, d'après la même source. Dans le même temps, des explosions ont secoué Riyad dimanche et lundi, et les Houthis ont revendiqué une attaque contre l'aéroport de la capitale saoudienne, selon Belga. Le baril de Brent restait au-dessus de 115 dollars lundi soir, indique The War Zone.
Les positions en présence
À Téhéran, le président Pezeshkian a affirmé que l'Iran ne cherchait pas l'arme nucléaire et qu'il restait membre du traité de non-prolifération, selon le Tehran Times. Il a jugé contradictoire de proposer des négociations tout en menaçant ou en frappant les installations nucléaires du pays.
À Washington, on minimise. Un haut responsable américain cité par The War Zone estime que les États-Unis sont en position de force et que l'économie iranienne s'effondre. Cet argument mérite d'être entendu : Téhéran pose des conditions préalables très élevées, refuse d'ouvrir le dossier nucléaire et ses alliés houthis continuent de frapper le territoire saoudien. Pour les partisans de la fermeté, desserrer la pression maintenant reviendrait à récompenser cette stratégie.
Les analystes interrogés par Al Jazeera sont partagés. Pour Ali Vaez, de l'International Crisis Group, la visite vise à renforcer ceux qui, à Téhéran, sont prêts au compromis, à condition de trouver une formule crédible pour rapprocher les deux camps. Sanam Vakil, de Chatham House, se dit prudemment optimiste sur la rencontre elle-même, beaucoup moins sur une percée durable.
L'analyse
Ce qui s'est passé lundi n'est pas une paix, mais c'est un fait politique. L'Arabie saoudite, frappée par l'Iran après l'offensive israélo-américaine de fin février et visée régulièrement par les Houthis, envoie son ministre de la Défense dans la capitale de son adversaire. Les puissances régionales prennent acte d'une évidence : aucune sortie de crise ne tiendra si elle est seulement imposée de l'extérieur.
La France a de bonnes raisons de s'en réjouir. Lors de sa tournée dans le Golfe du 19 au 21 octobre, Emmanuel Macron a rappelé, selon le compte rendu publié par l'Élysée, que cette guerre n'était pas celle de la France, et que la proposition française de rouvrir Ormuz par les eaux internationales et omanaises restait valable. Le 23 octobre à Istanbul, Jean-Noël Barrot a retrouvé ses homologues allemand, britannique et italien ainsi que ceux de Turquie, d'Égypte, du Pakistan et d'Arabie saoudite. D'après Politique Matin, qui s'appuie sur la déclaration publiée par le Quai d'Orsay, les huit pays ont fixé trois priorités : désescalade, solutions négociées et liberté de navigation.
Il y a là une ligne cohérente avec la tradition diplomatique française : parler à tous, refuser l'escalade, défendre le droit international. Mais une ligne ne fait pas une politique. Les Français paient cette guerre à la pompe et sur leurs factures, et l'Élysée fait état de livraisons supplémentaires de gazole obtenues auprès des Émirats. Les ménages modestes, qui dépendent le plus de leur voiture et consacrent une part plus lourde de leur budget à l'énergie, sont les premiers touchés. La désescalade n'est pas seulement une question de principe, c'est une question de justice sociale.
Conclusion
Le calendrier est connu : si les informations de la presse américaine se confirment, la fenêtre diplomatique pourrait se refermer après le 3 novembre. La France et ses partenaires européens devraient proposer, d'ici là, de réunir le format d'Istanbul avec l'Iran autour d'un objectif limité et vérifiable : un mécanisme de sécurité maritime à Ormuz et en mer Rouge, en échange d'un retour des inspecteurs de l'AIEA. Ce serait modeste. Mais entre la capitulation et la guerre sans fin, l'Europe a-t-elle encore le droit de ne rien proposer ?
Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
L'auteur
La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.
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