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Israël, suite : les sondages de sortie des urnes annoncent une Knesset sans majorité, l'Europe doit fixer ses attentes

Selon les premières estimations, l'opposition menée par Gadi Eisenkot devancerait de peu le bloc de Benyamin Netanyahou, sans qu'aucun camp n'atteigne les 61 sièges. Avant des semaines de tractations, la France et l'Union européenne ont intérêt à dire clairement ce qu'elles attendent du prochain gouvernement israélien.

Par La Rédaction LSRPublié le 27 octobre 2026 à 21:28· 4 min de lecture
La façade de la Knesset, le Parlement israélien, à Jérusalem, en juillet 2022.
La façade de la Knesset, le Parlement israélien, à Jérusalem, en juillet 2022. — Crédit : Photo : Clema12, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Les faits

Les bureaux de vote ont fermé à 22 heures, heure locale, et les premières estimations dessinent un paysage sans vainqueur net. Selon les sondages de sortie des urnes rapportés par Ynetnews, la chaîne 12 accorde 52 sièges au bloc d'opposition dit « du changement », 50 au bloc de Benyamin Netanyahou et 18 aux partis arabes. La chaîne 13 donne un rapport voisin : 53 sièges pour l'opposition, 50 pour le camp du Premier ministre sortant, 17 pour les listes arabes. Dans les deux cas, le Likoud resterait le premier parti (24 ou 25 sièges), juste devant Yashar, la formation centriste de l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot (22 ou 23 sièges). La majorité à la Knesset est fixée à 61 sièges sur 120 : aucun des deux blocs ne l'atteindrait seul.

Ces chiffres restent des estimations. D'après Ynetnews, plus de 650 000 bulletins en double enveloppe doivent être dépouillés séparément, et le décompte pourrait se prolonger jusqu'à vendredi matin. Le président Isaac Herzog devra ensuite consulter les groupes élus avant de confier à l'un des dirigeants la mission de former un gouvernement.

Une donnée, elle, est déjà acquise : la mobilisation. Selon la commission électorale centrale, citée par Middle East Eye et Ynetnews, la participation atteignait 74,3 % à 20 heures, un niveau jamais vu à cette heure depuis 1988. Les sondages de sortie des urnes indiquent aussi une nette progression des partis arabes, que les enquêtes d'avant scrutin plaçaient autour de 14 sièges.

Les positions en présence

La journée a été tendue. Selon l'AFP, Benyamin Netanyahou a accusé l'opposition de chercher à « voler les élections » et appelé ses partisans à ne pas laisser la bataille à la gauche et aux partis arabes. Middle East Eye rapporte qu'il a mis en garde contre un gouvernement qui dépendrait de Mansour Abbas et d'Ahmed Tibi, deux figures de la minorité arabe. Gadi Eisenkot lui a répondu, toujours selon l'AFP, en l'accusant de préparer le terrain pour contester un résultat défavorable. L'ONG israélienne Adalah a signalé des obstacles opposés à des électeurs arabes dans certains bureaux. La commission électorale a indiqué, d'après le Times of Israel cité par l'AFP, ne constater à ce stade aucun signe de manipulation systématique.

Du côté de l'opposition, la ligne est claire sur un point. Interrogé avant le vote, Gadi Eisenkot a exclu de gouverner sous l'autorité de Benyamin Netanyahou, même dans le cadre d'une rotation, comme l'a rapporté i24NEWS. Mais l'arithmétique est cruelle : sans les partis arabes, le bloc du changement resterait loin de la majorité. Or plusieurs de ses composantes, dont Israël Beytenou d'Avigdor Lieberman, ont par le passé exclu de s'appuyer sur ces formations. Le précédent existe pourtant : en 2021, le gouvernement Bennett-Lapid avait intégré Raam, le parti de Mansour Abbas.

Les Israéliens eux-mêmes semblent anticiper l'impasse. Dans un sondage de la radio publique Kan cité par i24NEWS, 27 % des personnes interrogées envisageaient un gouvernement d'union nationale, 27 % de nouvelles élections et 26 % un gouvernement minoritaire.

L'analyse

On peut comprendre l'argument du camp Netanyahou : après le 7 octobre et la guerre avec l'Iran, une partie de l'électorat réclame avant tout de la fermeté et de la continuité, et redoute qu'une coalition hétéroclite soit incapable de décider. Cette inquiétude n'est pas illégitime. Mais présenter le vote de citoyens israéliens comme une menace, parce qu'ils sont arabes, abîme la démocratie que l'on prétend défendre. Un cinquième de la population du pays n'est pas une variable d'ajustement.

Ce scrutin se tient par ailleurs dans un contexte international lourd. La veille, le 26 octobre, la commission d'enquête de l'ONU sur le territoire palestinien occupé a maintenu, selon ONU Info, sa conclusion d'actes génocidaires à Gaza et accusé Israël de crimes contre l'humanité en Cisjordanie, ce qu'Israël rejette catégoriquement. Benyamin Netanyahou fait toujours l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale. Et des élections législatives palestiniennes sont prévues le 28 novembre, comme l'a rappelé Jean-Noël Barrot à Public Sénat en septembre, en jugeant qu'elles devaient « impérativement se tenir ».

Pour la France et l'Europe, l'enjeu dépasse donc le simple changement de visage à Jérusalem. Un gouvernement Eisenkot ne serait pas, sur le fond, l'artisan automatique d'un État palestinien : le centre israélien reste prudent sur ce sujet. Mais il pourrait rouvrir un dialogue que la coalition sortante, alliée à l'extrême droite de Bezalel Smotrich et d'Itamar Ben Gvir, avait largement fermé. À l'inverse, une reconduction de Benyamin Netanyahou, ou des semaines de paralysie, prolongerait l'incertitude au moment même où les Palestiniens doivent voter.

Conclusion

L'Europe a trop souvent attendu de voir qui gouvernerait en Israël avant de dire ce qu'elle voulait. La fidélité gaulliste au droit international commande l'inverse : fixer dès maintenant, et quel que soit le vainqueur, des attentes claires et communes. Respect du résultat des urnes, protection du droit de vote des citoyens arabes, arrêt de la colonisation, soutien au scrutin palestinien du 28 novembre. Paris, qui a reconnu l'État de Palestine, est bien placé pour porter ce message à Bruxelles. Reste une question : les Vingt-Sept sauront-ils parler d'une seule voix avant que la coalition ne se forme, plutôt qu'après ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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L'auteur

La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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