Ormuz : Washington et Israël préparent l'après-3 novembre, l'Europe doit préparer la paix
Les attaques contre les navires se multiplient dans le détroit d'Ormuz tandis que, selon la presse américaine, des plans de frappes contre l'Iran sont prêts pour l'après-midterms. Pour la France et l'Europe, premières exposées à la flambée du pétrole, l'heure est à une diplomatie active plutôt qu'à l'attente.

Le détroit d'Ormuz redevient l'un des points les plus dangereux du globe. Selon les Gardiens de la révolution, dont la revendication est relayée par l'agence Xinhua et par Reuters, sept navires ont été touchés en deux jours : quatre dans le nord du golfe Persique, trois autres après avoir heurté des mines à l'ouest du détroit. Ces affirmations n'ont pas été vérifiées de manière indépendante, mais elles s'inscrivent dans une série que personne ne conteste. D'après une chercheuse du Washington Institute citée par Stars and Stripes, au moins 28 attaques contre des navires ont été recensées dans la zone depuis le début du mois d'octobre, un rythme inédit depuis le déclenchement de la guerre fin février.
Les faits : une escalade qui attend son calendrier
Dans le même temps, le New York Times a rapporté, en citant des responsables américains non identifiés, que les armées américaine et israélienne disposent de plans pour reprendre les frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre. Les cibles envisagées concerneraient des sites énergétiques, nucléaires, ainsi que de production de missiles et de drones. Donald Trump n'a, à ce stade, ordonné aucune attaque, souligne Stars and Stripes.
Le Financial Times, repris par le Jerusalem Post, affirme par ailleurs que l'armée israélienne était prête à lancer une opération de plusieurs jours autour du 10 octobre, avant d'y renoncer face à l'opposition du président américain, soucieux de ne pas rouvrir le conflit avant le scrutin. Le département d'État a ordonné le départ du personnel non essentiel de l'ambassade en Arabie saoudite, après une attaque contre l'aéroport de Dammam attribuée par Riyad aux Houthis, qui a fait deux morts selon les autorités saoudiennes.
Sur les marchés, le Brent s'échangeait autour de 112 dollars jeudi, selon Stars and Stripes, en hausse de plus de 3 dollars en une journée.
Les positions en présence
Washington présente sa stratégie comme une pression maximale destinée à ramener Téhéran à la table. Selon le commandant du Centcom, l'amiral Brad Cooper, le blocus des ports iraniens aurait privé l'Iran d'au moins 25 milliards de dollars d'exportations de brut, et les attaques en mer traduiraient une désespérance croissante chez les Gardiens. Donald Trump, d'après l'AFP, accuse l'Iran de tout faire pour pousser les prix du pétrole à la hausse avant les élections, et affirme que davantage de pétrole transite aujourd'hui par le détroit qu'avant la guerre.
Téhéran retourne l'argument. Les Gardiens, selon l'AFP, imputent la multiplication des incidents aux routes « illégales » que Washington pousserait les armateurs à emprunter, et préviennent que la confrontation pourrait s'étendre aux bases américaines de la région. Selon le Time, Téhéran réclame, avant toute discussion nucléaire, un allègement économique et la fin de la guerre.
En Israël, Benyamin Netanyahou a estimé mercredi, selon l'AFP, que seul un renversement du pouvoir iranien éliminerait la menace. Il affronte les électeurs le 27 octobre.
Une lecture plus nuancée vient d'Ali Vaez, de l'International Crisis Group. Dans une tribune publiée par Time, il décrit une impasse : chacun parie que le temps joue pour lui. Les contours d'un accord existent pourtant, selon lui : des gestes réciproques pour rouvrir Ormuz, une levée graduée des sanctions, la reprise des négociations nucléaires. L'obstacle est l'ordre des étapes et la confiance.
L'analyse : l'Europe paie, l'Europe doit peser
Pour la France et l'Europe, cette guerre n'est pas lointaine. Avant le conflit, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait par ce passage large d'une trentaine de kilomètres, rappelle l'AFP. Un baril au-dessus de 110 dollars se retrouve à la pompe, dans les factures de chauffage, dans les coûts des transporteurs et des agriculteurs. Ce sont les ménages modestes, les habitants des zones rurales et périurbaines dépendants de la voiture, qui en supportent d'abord le poids.
Il faut entendre l'argument de ceux qui jugent la fermeté indispensable : un Iran qui menace la navigation internationale et poursuit des ambitions nucléaires est un danger réel, y compris pour l'Europe. Mais une reprise des bombardements dont le calendrier serait calé sur des échéances électorales, à Washington comme à Jérusalem, n'offrirait aucune garantie de sortie. Neuf mois de guerre n'ont ni rouvert durablement le détroit ni produit d'accord.
La France n'est pas sans leviers. Sa marine est engagée en mer Rouge dans l'opération européenne Aspides : selon Zone Militaire, une frégate française a abattu début octobre un drone jugé menaçant pour un porte-conteneurs de CMA CGM, et plus de 150 navires ont été escortés depuis 2024. Emmanuel Macron avait annoncé plus tôt dans l'année, selon TRT, une future mission internationale « purement défensive » pour rouvrir Ormuz, une fois la phase la plus intense passée. C'est la ligne héritée de la diplomatie gaulliste et chiraquienne : protéger la liberté de navigation sans se fondre dans une coalition offensive, parler à tous, s'appuyer sur le droit international.
Conclusion : préparer la paix avant la prochaine salve
L'Europe dispose d'une fenêtre étroite, d'ici au 3 novembre. Paris, Berlin et Londres, qui ont porté la diplomatie nucléaire avec l'Iran par le passé, pourraient proposer une médiation structurée autour de la séquence décrite par Crisis Group, en lien avec le Qatar et Oman, et préparer dès maintenant la mission d'escorte défensive annoncée. En parallèle, un mécanisme européen ciblé d'aide aux ménages et aux secteurs les plus exposés à la flambée énergétique serait une réponse de justice sociale autant que de cohésion.
La question reste entière : l'Europe veut-elle être la première à payer le prix de cette guerre, ou l'une des rares voix capables d'en dessiner la sortie ?
Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
L'auteur
La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.
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