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Sahara occidental : double veto à l'ONU, la MINURSO sans mandat, la France doit sauver le cessez-le-feu

Faute d'accord entre Washington et Moscou, le Conseil de sécurité a laissé expirer le mandat de la mission de l'ONU au Sahara occidental, que Rabat appelle désormais à partir. Paris, qui a soutenu le texte américain, doit maintenant défendre une sortie de crise qui ne sacrifie ni la paix ni le droit international.

Par La Rédaction LSRPublié le 31 octobre 2026 à 05:29· 5 min de lecture
Le siège de la MINURSO à Laâyoune (El Aaiún), au Sahara occidental, en 2012.
Le siège de la MINURSO à Laâyoune (El Aaiún), au Sahara occidental, en 2012. — Crédit : Photo : cingularite, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Un double veto inédit

Vendredi 30 octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies a laissé sans renouvellement le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), qui arrive à échéance ce samedi 31 octobre. Selon le compte rendu officiel de la séance publié par l'ONU, le projet américain a recueilli 11 voix pour, 1 contre et 3 abstentions : il aurait pu passer, mais la Russie a opposé son veto. Le texte concurrent présenté par Moscou n'a obtenu que 3 voix pour, et les États-Unis l'ont à leur tour bloqué.

D'après Reuters, le projet américain prévoyait de prolonger la mission d'un an, de faire du plan d'autonomie marocain la seule base des négociations, de réduire sa composante militaire et de retirer le mot « référendum » de son nom. Le texte russe proposait une simple reconduction, sans changement. L'organisation Western Sahara Resource Watch, favorable à l'autodétermination, souligne que c'est la première fois que deux membres permanents déposent des résolutions rivales sur ce dossier et se bloquent mutuellement. La France a voté le texte américain et s'est abstenue sur le texte russe.

La mission compte 155 militaires, pour un coût estimé à 62 millions de dollars sur l'exercice ouvert en juin, selon un rapport du secrétaire général cité par Reuters. Elle surveille depuis 1991 le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, dans un conflit vieux d'environ cinquante ans, rappelle Le Monde.

Les positions en présence

Washington assume une rupture. Pour l'ambassadeur américain Michael Waltz, le référendum n'a jamais eu lieu faute d'accord sur la composition du corps électoral, et il faut tourner la page. Devant le Conseil, il a décrit la mission comme :

un monument permanent à quelque chose qui ne pouvait pas fonctionner — Michael Waltz, ambassadeur des États-Unis à l'ONU

L'argument est sérieux : trente-cinq ans après sa création, la MINURSO n'a pas organisé le scrutin qui justifiait son existence, et le Conseil avait déjà, l'an dernier, soutenu le plan d'autonomie comme base de règlement, selon Reuters. Paris partage cette lecture : depuis l'été 2024, la France considère que l'avenir du territoire s'inscrit dans le cadre de la souveraineté marocaine. Devant le Conseil, sa représentation a qualifié le texte américain de pas en avant important et reproché à Moscou d'avoir pris la mission en otage en déposant son projet tardivement.

La Russie, qui s'abstenait sur ces renouvellements depuis 2018 selon Western Sahara Resource Watch, présente au contraire son veto comme un geste de sauvegarde. Son représentant Vassily Nebenzia a fait valoir que le Conseil ne peut pas trancher d'avance une question de souveraineté. La Chine a estimé que le mandat ne devait pas servir d'instrument de pression politique. Le Danemark, qui s'est abstenu sur le texte russe, a rappelé qu'une solution durable ne peut pas être prédéterminée par le Conseil. L'Algérie, qui n'est pas membre du Conseil mais a pris la parole comme pays voisin, a plaidé pour le vote des Sahraouis.

Rabat, enfin, se félicite de l'issue. Selon le communiqué du Cabinet royal rapporté par Hespress, le Maroc y voit un pas significatif vers la clôture du dossier à l'ONU, demande le départ du personnel de la mission dans les prochains jours et le retrait de la question de l'ordre du jour du Conseil. Le royaume affirme rester attaché au cessez-le-feu.

L'analyse : le droit ne se règle pas par épuisement

La lassitude devant un processus enlisé se comprend. Mais le résultat de vendredi est le pire des scénarios : ni réforme, ni continuité. Un territoire que l'ONU classe toujours parmi les territoires non autonomes perd, du jour au lendemain, ses seuls observateurs internationaux, alors que la situation militaire reste fragile. Oxfam, citée par Reuters, alerte sur les risques pour les civils et les réfugiés des camps de Tindouf.

Il faut aussi regarder qui a produit ce vide. Le veto russe n'est pas un acte de générosité envers les Sahraouis : il permet à Moscou de se poser en défenseur du droit international, alors que l'Assemblée générale de l'ONU a condamné son agression contre l'Ukraine. Mais en bloquant à son tour une simple reconduction, Washington porte aussi sa part de responsabilité.

Pour la France, la question est plus profonde. Une diplomatie fidèle à la tradition gaulliste ne choisit pas un camp contre le droit ; elle tient les deux bouts. Paris peut juger le plan d'autonomie sérieux sans renoncer à ce que la population concernée soit consultée sous une forme ou une autre. La Cour de justice de l'Union européenne l'a d'ailleurs rappelé en octobre 2024, en annulant des accords commerciaux entre l'Union et le Maroc faute de consentement du peuple du Sahara occidental. L'Europe ne peut pas défendre le principe d'autodétermination à Kiev et l'oublier à Laâyoune sans abîmer sa propre crédibilité.

Conclusion : sauver le cessez-le-feu d'abord

Selon le site Maghreb Online, une prolongation technique de courte durée aurait été évoquée dans les couloirs de l'ONU vendredi soir, sans confirmation officielle. C'est la voie que la France, membre permanent et proche des deux rives de la Méditerranée, devrait porter sans attendre : garder des observateurs sur le terrain le temps de bâtir un compromis, puis proposer un processus où l'autonomie serait soumise, d'une manière ou d'une autre, à l'approbation des Sahraouis. Saura-t-elle peser pour que la fin d'une mission ne devienne pas le début d'une nouvelle guerre ?

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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La Rédaction LSR — La rédaction de LSR Media.

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